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Guinée Conakry : la liberté de la presse à l’épreuve de la censure !

Reporters sans frontières (RSF) place la Guinée Conakry à la 85e position sur 180 pays de son classement mondial de la liberté de la presse. Sous menace constante, les journalistes guinéens sont censurés, violentés et arrêtés.

Journaliste Guinéen

La Guinée Conakry bénéficie d’un paysage médiatique varié. La presse écrite y est florissante depuis les années 1990. Elle compte 65 hebdomadaires, dont le journal satirique Le Lynx.

Composé d’une soixantaine de radios et d’une dizaine de chaînes de télévision, l’audiovisuel est le moyen informationnel préféré des Guinéens. Selon les derniers chiffres de l’Afrobarometer (2020), 78% de la population déclarent s’informer via la radio. La télévision, elle, opère une montée en force en gagnant les habitudes de consommation de 42% des Guinéens. En forte hausse, les réseaux sociaux et les sites d’informations en ligne sont suivis respectivement à  27% et 25%.

Les médias en ligne n’ont cessé de se développer au cours des 25 dernières années grâce à la mise en place du haut débit. Seule ombre au tableau, la menace d’une éventuelle censure.

Erreur 404 : le cas Guineematin.com

Depuis août 2023, le site Guineematin.com est censuré. Pour les Guinéens, il est impossible d’accéder au journal sans VPN. Son directeur, Nouhou Baldé, a tenté d’obtenir des explications auprès des instances du pays, sans succès. Mais, le journal n’est pas un cas isolé. Avec l’arrivée au pouvoir de nouvelles autorités, en 2021, les médias guinéens font l’objet d’une série de censures. Coupures des réseaux sociaux, restrictions de l’accès aux médias en ligne, brouillages radio ou encore confiscations d’équipement sont  divers exemples des moyens employés pour nuire à la liberté de la presse.

Afin de soutenir leurs confrères et dénoncer des « procédures baillons », une « Marche contre la censure » est organisée par les syndicats de journalistes le 16 octobre dernier à Conakry. 13 journalistes sont alors interpellés en marge de la manifestation. Déférés par la suite au tribunal de première instance de Kaloum, ils sont inculpés pour « participation à un attroupement illégal sur la voie publique ». Pour Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, de telles entraves sont inédites : « Le nombre de violations contre les journalistes et les médias se multiplie de façon inquiétante. Il est urgent que les autorités cessent leur fuite vers un avant autoritariste et se mobilisent pour garantir la liberté de la presse au lieu de la restreindre » affirme-t-il.

La censure au-delà des lois

S’il existe des lois garantissant la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse (2010), la Guinée souffre de profondes lacunes dans leur application. Malgré son adoption récente (2020), la loi portant sur le droit d’accès à l’information publique et le principe de transparence peine à être respectée. De nombreux journalistes sont encore victimes de violences, harcèlement et de menaces de mort. Ces faits, pourtant condamnés par le cadre légal, sont passés sous silence. Ces innombrables entraves planent comme une épée de Damoclès au-dessus des professionnels de l’information en Guinée.

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